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Plus de deux ans de guerre en Ukraine
Kharkiv est toujours au cœur des inquiétudes. Vendredi 17 mai, la Russie a affirmé progresser dans cette région ukrainienne du nord-est, où elle mène depuis une semaine une offensive dont l'objectif, selon Vladimir Poutine, est de créer une zone tampon pour empêcher des frappes de Kiev en territoire russe. "En une semaine, les unités du groupe 'Nord' (...) ont libéré douze localités de la région de Kharkiv (...) et continuent d'avancer en profondeur dans les défenses de l'ennemi", a indiqué dans un communiqué le ministère russe de la Défense.
Le président ukrainien aussi fustigé ses alliés qui lui interdisent d'utiliser les armes occidentales pour frapper le territoire russe, de crainte que ça ne pousse le Kremlin à une escalade.
"Ils peuvent nous frapper depuis leur territoire, c'est le plus grand avantage dont la Russie dispose, et nous ne pouvons rien faire à leurs systèmes (d'armements) situés sur le territoire russe avec les armes occidentales. Nous n'en avons pas le droit", a-t-il dénoncé.
Le président ukrainien a souhaité voir la Chine et des pays du Sud "impliqués" dans la conférence sur la paix en Ukraine, que la Suisse organise à la mi-juin.
"Des acteurs mondiaux" comme la Chine "ont une influence sur la Russie. Et plus nous aurons de pays de ce type de notre côté, du côté de la fin de la guerre, je dirais, plus la Russie devra compter avec cela", a relevé le président ukrainien.
Volodymyr Zelensky a indiqué vendredi à l'AFP avoir rejeté l'idée de "trêve" pendant la durée des Jeux olympiques de Paris en été que souhaitait le président français Emmanuel Macron.
"J'ai dit : Emmanuel, nous n'y croyons pas. Imaginons une seconde qu'il y ait un cessez-le-feu. D'abord, on ne fait pas confiance à Poutine. Deuxièmement, il ne va pas retirer ses troupes. Troisièmement, (...) dis-moi Emmanuel, ai-je dit, qui garantit que la Russie ne va pas en profiter pour faire venir ses troupes sur notre territoire", a raconté M. Zelensky, rejetant une "trêve qui ferait le jeu de l'ennemi".
Dans son entretien à l'AFP, Volodymyr Zelensky a reconnu un manque d'effectifs. "Il y a un nombre important de brigades qui sont vides", a-t-il dit.
Au total, l'Ukraine n'a qu'un quart des systèmes de défense antiaérienne dont elle a besoin et nécessite au total 120 à 130 avions de combat F16 pour mettre fin à la domination de la Russie dans les airs, a déclaré le chef de l'État.
Dans un entretien exclusif à l'AFP, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit s'attendre à une offensive russe plus large dans le nord et dans l'est qui viserait à prendre Kharkiv. "Ils ont lancé leur opération, elle peut être constituée de plusieurs vagues. Et ça c'est leur première vague", a assuré vendredi M. Zelensky.
Il a néanmoins assuré que, malgré les avancées russes des derniers jours dans la région de Kharkiv, la situation était meilleure pour ses forces qu'il y a une semaine, lorsque les troupes du Kremlin ont franchi par surprise la frontière.
"Nous voulons que la guerre se termine par une paix juste pour nous", a-t-il dit, "et l'Occident veut juste que la guerre s'arrête, aussi vite que possible". En outre, le déploiement de nouvelles livraisons d'armes occidentales pourrait prendre encore des mois durant lesquels il y a un risque de "percées" russes dans certains secteurs, a déclaré M. Zelensky. Mais "personne ne va abandonner (le combat en Ukraine). Je suis sûr que, quelles que soient les difficultés rencontrées et les percées réalisées, il n'y aura toujours pas de percée globale", a soutenu le chef de l'État.
Bonjour à toutes et à tous dans ce direct du samedi 18 mai consacré à la guerre en Ukraine.
De son côté, l'Ukraine a dit que les forces russes étaient en train de détruire la ville de Vovtchansk et qu'elles continuaient d'avancer dans la région. Quelque 200 civils restent sur place, d'après la même source, alors que la ville, située à une cinquantaine de kilomètres de Kharkiv, la capitale régionale, comptait quelque 18.000 habitants avant-guerre. L'armée russe a souvent fini par détruire les villes ukrainiennes pour les conquérir, à l'instar de Bakhmout l'an passé ou Avdiïvka en février.
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